Écrit pendant la semaine de la francophonie 2012

Il y a beaucoup d’hésitations, de chuchotements, des hallucinations, des retardataires
il y a l’ombre de ma main
il y a la neige, un seul mot pour le dire
il y a une feuille d’ilya qui s’épanouit, c’est le printemps
Il y a une pierre noire qui ressemble a un savon qui aurait beaucoup servi
il y a les mains de mon père, les mains de mon frère, toutes les mains qui se lavent, poilues, jusqu’au coude et se rincent sous un filet d’eau froide
il y a une feuille d’ilya qui fane
il y a le dos, les épaules, les cervicales
il y a un lieu qui se transforme, un corps qui se libère
il y a une feuille d’ilya qui s’épanouit, un autre printemps
il y a un objet rond métallique qui intrigue, il y a que je sais sa fonction, il y a que je ne la dirai pas, il y a que de savoir empêche la blanche imaginaire de déborder
il y a la canette de coca broyée rouillée cesarifiée, il y a que coca pourrait hélas s’en inspirer
il y a des fruits d’ilya qui poussent sur toutes les branches parfois deux par branches
il y a une toupie au repos, dans un léger balancement chagrin
il y a Manolo qui Manolo s’est arrêté de tenter de la faire tourner
et pourtant elle tourne
il y a des voix dans le hall, une terrasse improvisée, des petites nappes sous des lampes de chevet
il y a le tintement d’une cuillère à café sur une tasse, événement familial, qui énerve,
comme la porte de la salle de bain qui grince
comme l’interrupteur trop éloigné du lit au moment d’éteindre
comme le carrelage blanc qui se dégueulasse
comme la poussière sans cesse
comme le frigo qui se vide la machine à laver qui se remplit
comme les infos qui enchaînent
comme les 4/4 garés sur les pistes cyclables
comme ceux qui s’en remettent toujours à la loi, les vélos c’est pas pour les trottoir !, pour éviter le face à face, la rencontre, l’échange nu
il y a des minutes de silence artificielle
il y a les silences d’Apollinaire
Il y a la, oh là là, lassitude parfois
il y a des hivers
il y a des espaces publics déguisés en privé
il y a une clé à recoller, le raffia ne suffira pas
il y a deux têtes chauves
il y a que le premier écrit en franc est l’alliance de deux frères contre Lothaire, le troisième
il y a le portable qui me sonne
il y a Leroy merlin qui règne sur Beaubourg
il y a une fois
deux fois
trois fois
vendu
il y a un conte que je ne lirai pas