écrit à "l’un dit l’élan" le 14 septembre 2011

Je vis tout d’abord le brouillard dans mon esprit ensommeillé. Je vis encore le regard haineux de ces personnes qui me prenaient pour un malade imaginaire. Je vis, je vis toutes ces choses invisibles qui faisaient que je suis moi. Je vis les rires, les pleurs, l’imaginaire, le réel, le rêve et le cauchemar. Je vis tout au fond de mon cœur l’amour que je portais à la vie et dans mon inconscient les yeux clos d’un pendu. Je vis la nuit tomber et le jour se lever dans une aube nouvelle. Dans le regard doré d’un chat, je vis toute la fortune d’un sage. De la banalité, je vis dans mon café le commencement d’une nouvelle journée et je vis dans une journée nouvelle un soleil timide apparaitre à l’est d’un monde sans vie. Je vis dans le miroir de ma psyché le sourire de ma mère comme figé dans une éternité. Je vis la fin de l’éternité suspendue à un fil si fin qu’elle me paraissait irréelle. Je vis aussi, dans mon désert affectif toute la solitude d’un monde sans sentiment. Je vis sans vouloir le voir les cadavres nus de l’amour et de la haine. Et je vis aussi mon corps nu scarifié des blessures de mon âme d’enfant, je vis dans mon âme les cicatrices de mon corps vieillissant. Je vis tant de choses que mes mots sont comme un destin.