Qu’est-ce que la pluie fait là mais qu’est-ce qu’elle fait là
À se vautrer sur toi
Et toi le corps collé à la terre boueuse
Pendant que je te parle que je te crie dessus
Toi, là, le corps cloué, humus phagocyté
Au passé conjugué, imparfait composé,
Ça te gratte aux méninges de jour comme de nuit
Pas à pas qu’ça avance qu’ça cadence ta vie
Pauvre vieille tête rasée pauvre petite bête
Voilà, c’est reparti !
Te voilà reparti qu’t’es jamais arrivé…
Arrête de composer ton passé, c’est parti… C’est bien fini tout ça
Tu t’accroches
Animal
À tes tours de passe-passe
Ça te passe et repasse et repart pour l’encore
Pour un tour
Petit tour d’un toutou minuscule
Qui se recroqueville
Et vrille en aboyant
Et passe et passe et passe
Et passe et composé
Du compost au rabais
Qu’est-ce que la pluie fait là cette si mal lavée
À vouloir s’incruster
À te couler dessus sur ta peau décousue
Pendant que je te parle que je te crie dessus
Et je te vois si loin de loin en loin creuser
La terre en couverture
Et je te vois en vrac
En morceaux de boue molle
Et vas-y que tu creuses
Ta bête vie à pleuvoir
Des larmes dans ta tête
Rasée, rasée de près
Et tu composes encore
Et tu tournes et retournes en dérision ta face
La face contre terre
Et le dos en réponse
Ce dos nu vénéneux
Qui peine à respirer
Soubresaute aux giclées
D’un sang de sanglier
La colonne osseuse
Qui craque par endroits
À chaque contorsion
Ça se métamorphose
Tu ne sais faire que ça
Commuter pour survivre
Enlobotomisé
Atrophié musculaire
Méningiteux viral
Pauvre bloc de chair grasse
Mais qu’est-ce qu’elle fait là cette putain de pluie
Vas-y qu’elle coule en vrac
Qu’elle se vide les couilles
Et que si elle mouille ça te fait jouir aussi
Par tous les trous possibles
En spasmes continus
Pendant que je te parle que je te crie dessus
Que je te crie sur toi
Que je te crie sur toi
Que je te crie sur toi