écrit à l’IRTS de Rennes en mars 2011

Quelqu’un, il profère des menaces sans y croire
Quelqu’un, quelque part, organise des courses de déambulateurs
Quelqu’un, elle a du mal à écrire droit, elle a du mal à écrire tout court
Quelqu’un, ils s’appellent Athos, Portos et Aramis, en réalité, ils sont quatre
Quelqu’un resserre son écharpe dans le col relevé de son manteau, tandis que quelqu’un met à nu son ventre blanc
Quelqu’un dort avec dix-sept oreillers dans son lit sans même savoir que c’est un nombre premier
Quelqu’un ignore que la femme est un homme
Quelqu’un réduit la gravité, gravement
Quelqu’un, elle est figée dans le miroir et tente parfois de s’en échapper quand elle voit passer d’autres yeux que les siens
Quelqu’un, elle parle de son grand père Joseph et plus personne ne comprend de qui il s’agit
Quelqu’un, elle ne sert plus que des carottes râpées sans vinaigrette à son mari, « tant que tu baiseras comme un lapin, tu mangeras comme un lapin » dit-elle
Quelqu’un, elle fait des choses intrigantes dans un parc, un pari, peut-être, la période des bizutages est passée
Quelqu’un, elle suspend sa plume et réfléchit
Quelqu’un triche
Quelqu’un, il donne un cours magistral d’instruction civique dans un bus rennais en cherchant l’approbation de la foule. En cherchant l’approbation ou en craignant la désapprobation ?
Quelqu’un, elle a un plâtre au pied et un ordinateur sur les genoux qui est le point d’arrimage d’un cordon ombilical qui la relie au monde
Quelqu’un, quelque part, regarde l’heure en levant la tête vers le sommet d’une tour et se demande quelle heure il est à Tripoli
Quelqu’un nourrit les vers dans la terre, mais est-ce encore quelqu’un ?
Quelqu’un, il dit « oh non ! » et refuse de dire « merci », mais il nous survivra
Quelqu’un s’inquiète du temps qu’il reste avant
Quelqu’un a des fourmillements dans les doigts et se souvient de ses rêves