écrit à L’un dit l’Élan

Quelque part, quelqu’un
il est abandonné de tout, il n’a plus part à rien. Ailleurs, il aurait été roi.
Quelque part, quelqu’un tente de rembobiner en vain.
Quelqu’un chante juste, même en canon.
Quelqu’un se fait fût, se coupe les branches.
Quelqu’un l’amour pointe au bout de ses jeunes tétons et elle pleure pour une sucette perdue.
Quelqu’un, il a les lèvres paresseuses, ses consonnes dégoulinent au jour. « Alors tabou, c’est ta bouche », quelqu’un vient de comprendre.
Quelqu’un, c’est le grand frère, il a volé la sucette.
Quelqu’un, les mots accrochent au papier quand elle les lit.
Quelqu’un, elle s’interroge, elle se demande si ce qu’elle fait, ce n’est pas, quelque part, comme pisser derrière une tombe.
Quelqu’un, savent-ils que faire l’amour est révolutionnaire ?