écrit à l’IRTS de Rennes en mars 2011

Quelqu’un qui aime Thabor
Quelqu’un qui rêvasse d’abord
Quelqu’un qui observe les pigeons amassés devant la volière
Quelqu’un les chasse, ils rentrent dans leur dôme
Quelqu’un parle aux perruches et à leur balai incessant. Elles font un bruit assourdissant et continu
Quelqu’un pénètre sur un carré de pelouse chaussé de lunettes de soleil grandes comme une véranda
Quelqu’un déambule avec sa gamine à la main et le chewing-gum à la bouche
Quelqu’un trottine sans son chien, je le laisse, il court pour ses propres besoins
Quelqu’un se recoiffe en marchant
Quelqu’un, tout prêt, tombe, pleure, se mouche
Quelqu’un roucoule, un pigeon parle
Quelqu’un fait coucou
Quelqu’un glousse de plaisir
Quelqu’un se pose sur le banc avec son sac à main en cuir qui nous sépare
Quelqu’un klaxonne pour avertir les veuves qui traînent du pinceau juste devant
Quelqu’un repeint le kiosque
Quelqu’un fait des commentaires incongrus sur le jeune couple enlacé sur les chaises longues
Quelqu’un jette les miettes de son déjeuner
Un autre vient les picorer
Un troisième autre quelqu’un lui balance des graviers
Quelqu’un entre dans la volière, c’est un agent d’entretien, il lave au jet les fientes collées sur les perchoirs
Quelqu’un prend en photo une perruche au travers le maillage
Quelques uns sont autour à discuter mariage
Quelques autres envahissent l’espace comme une horde de pigeons
Quelqu’un reprend son chemin pour se poser ailleurs, peut-être à la gare, c’est à deux pas à vol d’oiseau