écrit à L’un dit L’Élan en novembre 2010

Je vis Moïse enfermé à Cincinnati, les pieds nus, en sang ; une diaphane danseuse, tel un nuage blanc sur le Gange, un policier anversois contemplant un diamant rose dans une vitrine minuscule. Un ver de terre affolé par la taille d’une salade, se faisant des nœuds dans la tête, un poète peu inspiré recopiant d’un souffle les pages roses de l’annuaire des chanteurs de la Croix de bois, un argonaute visant de sa carabine à trois coups les 4 angles de la planisphère, un entonnoir de petite taille rêvant d’avaler toutes les mers du Sud, un coquillage maltais se remémorant... en psalmodiant ses exploits d’antan. Je vis un enfant …. demandant son chemin … à une grenouille
le hermaphrodite
un chant crépusculaire se lançant dans la variété malgré les remontrances lyriques de sa mère, un chemin vicinal … en autoroute à quatre voies mais.... un éphémère bambou dépassant de quelques pousses la plus hautes des tours Eiffel, un ange appelant son …. céleste d’une cabine téléphonique surtaxée, un maigre regardant des costumes pour gros dans une vitrine au Sud de Madrid, un bambin aux lèvres ourlées gobant des huitres les pieds dans la bassine en plastic, un drôle d’oiseau perché sur un fil électrique …..qui attend ses petits... à côté de lui, une motte de beurre déportée au sud du pôle ne sachant s’il faut fondre où se congeler. Un père aimant cherchant ses enfants perdus dans les pages du livre de contes, un merveilleux ami faisant pour la millième fois une promesse qu’il ne tiendra jamais....... le tout sur un air badin. Une lancinante musique qui remplit l’oreille gauche puis l’oreille droite. Un silence qui prend soudain tout l’espace.