Se laisser peupler par d’autres, connus ou inventés, à partir du poème d’Henri Michaux, Quelque part, quelqu’un : Il s’agit d’une série de phrases-portraits fonctionnant avec la relance quelqu’un, un personnage/une phrase ; chaque phrase disant l’essentiel de quelqu’un, par le détail. La liste pourrait être infinie, Henri Michaux s’est arrêté aux 161ème quelqu’un.



« Quelque part quelqu’un est chien et aboie à la lune
Quelqu’un est né chinoise et maintenant elle a dix-sept ans
Quelqu’un c’est une blonde et sa soeur est vive, véritablement pétulante
Quelqu’un son père est highlander
Quelqu’un. ..et puis ça lui a retenti sur les reins et maintenant fini, il dit qu’il aime autant mourir à l’hôpital
Quelqu’un il a de grosses solives à la maison
Quelqu’un, il veut encore un peu de crème. Mais l’autre quelqu’un, c’est l’existence de Dieu qui le chipote
Quelqu’un vient d’ avoir un moment de fierté qu’il expiera durement
Quelqu’un, il pleut
Quelqu’un, cette fois il pleut fort
Quelqu’un les gens d’à côté rentrent à l’instant
Quelqu’un il n ‘y a pas eu de brise aujourd’hui, et la houle de fond est encore forte
Quelqu’un, il pleut toujours ; mauvais pour le toit
Quelque part, Quelqu’un renait insecte, se nourrissant d’excréments tout le jour, ses antennes trempant dans la substance fétide ; essayant de se souvenir d’une vie antérieure, malgré lui, il songe à une future quand les excréments seront plus copieux et plus uniformément répandus de manière qu ‘il y en ait pour tous... »